Vita pulchram est.

Vita pulchram est.

Le temps marche au milieu des fougères
Le vent s'effarouche entre les herbes folles
Le temps brise le vent
Le vent brise le temps
Tout est beau tout est grand
Je m'appelle Souffle d'espoir


Le temps est le vent. Le vent est le temps. Glisse, salop.




# Posté le mercredi 27 août 2008 12:10
Modifié le dimanche 07 septembre 2008 09:09

J'imagine un homme. Il sort d'un camp où ses frères humains ont été torturés, pendus, brûlés, achevés un à un dans le mépris ou, pire encore, l'indifférence. J'imagine cet homme, un rescapé comme ils furent quelques-uns, livré à son propre silence parce qu'il n'y a plus de parole en lui, suffoqué par la haine qu'il a rencontrée, l'absence de tout espoir. J'imagine cet homme (il a tellement existé...) au bord, chaque matin, de sa mémoire. Sans qu'il l'ait voulu, l'ancienne parole - d'elle même - s'est inversée en lui : "Haïssez-vous les uns les autres, comme je vous ai haïs." Il est juif, cambodgien, gitan, arménien, rwandais, homosexuel, noir, opposant politique ou religieux. Il est l'Autre. Il n'est pas l'Ennemi, il est le sous-homme. Il sort du XXe siècle. J'imagine cet homme voulant clore sa vie, de lui-même, de son propre chef, de sa propre décision. En finir. Il est sans doute le plus averti de tous les humains. C'est à lui que je pense. Si je veux penser à tous les autres. Si je veux parler dans l'insouciance des autres. Qu'ai-je envie de lui dire ? Je m'avance à pas comptés. Car il ne se souvient que des cris, des insultes. Je sais que chaque mot est une blessure pour lui. J'admets avec lui ce qu'il y a d'absurde dans la vie si elle n'est pas d'abord la conscience d'une lutte contre l'absurde. Je conviens que les mots d'espoir ou d'espérance ne peuvent pas, ne peuvent plus se reporter vers l'au-delà. Vers où ses frères s'en sont allés. Je me mets à souhaiter ce que, peut-être, il ne souhaite plus. L'intelligence. Ce caractère dérisoire de l'intelligence. Aussi dérisoire que la guerre. Mais beaucoup plus beau. Cette façon qu'a l'homme de tout comprendre et de ne rien savoir. De ne rien admettre non plus. Y compris le silence de Dieu. Cette attitude de l'esprit qui toujours, sans cesse, refuse. Avec obstination refuse. Par exemple, la soumission. Par exemple, la bêtise. Par exemple, la haine. Je souhaite pour lui le sourire d'une petite fille, la main d'une femme dans ses cheveux, la parole sage d'un très vieil homme... Et pourquoi pas ? le goût du vin, une fleur posée sur la table, la fraternité d'un paysage. Je souhaite, au plus profond de lui, la beauté. Et je m'arrête parce que probablement, il ne m'écoute plus. Je m'arrête pour que le silence lui apporte la paix. Pour qu'il écarte ce loup que l'autre a été pour lui. Je ne souhaite pas qu'il lui pardonne. Je ne voudrais pas qu'il pense que ça ne reviendra pas. Parce que ça revient toujours. Et le courage aussi d'y résister. J'imagine un homme dont la mémoire serait l'ultime sauvegarde de son bonheur. François Léotard, J'imagine un homme ; in Ca va mal finir.

J'imagine un homme. Il sort d'un camp où ses frères humains ont été torturés, pendus, brûlés, achevés un à un dans le mépris ou, pire encore, l'indifférence. J'imagine cet homme, un rescapé comme ils furent quelques-uns, livré à son propre silence parce qu'il n'y a plus de parole en lui, suffoqué par la haine qu'il a rencontrée, l'absence de tout espoir. J'imagine cet homme (il a tellement existé...) au bord, chaque matin, de sa mémoire. Sans qu'il l'ait voulu, l'ancienne parole - d'elle même - s'est inversée en lui : "Haïssez-vous les uns les autres, comme je vous ai haïs." Il est juif, cambodgien, gitan, arménien, rwandais, homosexuel, noir, opposant politique ou religieux. Il est l'Autre. Il n'est pas l'Ennemi, il est le sous-homme. Il sort du XXe siècle. J'imagine cet homme voulant clore sa vie, de lui-même, de son propre chef, de sa propre décision. En finir. Il est sans doute le plus averti de tous les humains. C'est à lui que je pense. Si je veux penser à tous les autres. Si je veux parler dans l'insouciance des autres. Qu'ai-je envie de lui dire ? Je m'avance à pas comptés. Car il ne se souvient que des cris, des insultes. Je sais que chaque mot est une blessure pour lui. J'admets avec lui ce qu'il y a d'absurde dans la vie si elle n'est pas d'abord la conscience d'une lutte contre l'absurde. Je conviens que les mots d'espoir ou d'espérance ne peuvent pas, ne peuvent plus se reporter vers l'au-delà. Vers où ses frères s'en sont allés. Je me mets à souhaiter ce que, peut-être, il ne souhaite plus. L'intelligence. Ce caractère dérisoire de l'intelligence. Aussi dérisoire que la guerre. Mais beaucoup plus beau. Cette façon qu'a l'homme de tout comprendre et de ne rien savoir. De ne rien admettre non plus. Y compris le silence de Dieu. Cette attitude de l'esprit qui toujours, sans cesse, refuse. Avec obstination refuse. Par exemple, la soumission. Par exemple, la bêtise. Par exemple, la haine. Je souhaite pour lui le sourire d'une petite fille, la main d'une femme dans ses cheveux, la parole sage d'un très vieil homme... Et pourquoi pas ? le goût du vin, une fleur posée sur la table, la fraternité d'un paysage. Je souhaite, au plus profond de lui, la beauté. Et je m'arrête parce que probablement, il ne m'écoute plus. Je m'arrête pour que le silence lui apporte la paix. Pour qu'il écarte ce loup que l'autre a été pour lui. Je ne souhaite pas qu'il lui pardonne. Je ne voudrais pas qu'il pense que ça ne reviendra pas. Parce que ça revient toujours. Et le courage aussi d'y résister. J'imagine un homme dont la mémoire serait l'ultime sauvegarde de son bonheur. François Léotard, J'imagine un homme ; in Ca va mal finir.



« Il n'existe aucun silence à la haine. »







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# Posté le jeudi 21 août 2008 13:08
Modifié le vendredi 29 août 2008 05:01

Madame rêve ad libitum Comme si c'était tout comme Dans les prières Qui emprisonnent et vous libèrent Madame rêve d'apesanteur Des heures des heures De voltige à plusieurs Madame Rêve - Alain Bashung

Madame rêve ad libitum Comme si c'était tout comme Dans les prières Qui emprisonnent et vous libèrent Madame rêve d'apesanteur Des heures des heures De voltige à plusieurs Madame Rêve - Alain Bashung




J'ai beau crier hurler gueuler
Au silence on me pend
On est beau quand on devient un
Tous les trois toi ton orgasme et moi
Embrumés par l'odeur de mon parfum
Enchantés drogués par ta beauté

J'ai beau crier hurler gueuler
A la la petite mort on me vend
C'est à Rimbaud de me faire la peau
Et à nous deux de revivre
Embrumés par l'odeur de ta beauté
Enchantés drogués par mon parfum


# Posté le mercredi 30 juillet 2008 08:02
Modifié le mercredi 27 août 2008 11:46

Et le souffle survole l'espoir.

Et le souffle survole l'espoir.

« L'homme n'est rien, sinon qu'une goutte de sang.»


Elle se couche dans la lettre.
Les mots se sont soulevés d'une seule traite.
Comme le vieillard, mon c½ur a crié.
Sans bruit. Sans mots. Sans voix.
Et l'ours a séché son âme en enfer.
Cherchant le bonheur malsain.
Les pommes se sont mordues le sein.
Sans accroc. Sans accord.
Le tuyau sèche & le sang brûle.
Le sang brûle, sans fleur.
Elle se lève de sa lettre...


Et meurt.
# Posté le mardi 11 mars 2008 12:17
Modifié le dimanche 27 juillet 2008 14:42

Sans dessous, dessus, derrière.

Sans dessous, dessus, derrière.
« Ô macabre démon, baigne notre sang dans ta mort. »


Il est si ridicule
Le masque de nacre
Et la moelle, pourrie
Sans c½ur battant
Odeur volante
Au souffle du vent.

Séché, rongé
A-t-il déjà voyagé,
Sous terre ?
Sans chair.

Macadam sans souci
Voyeur des nuits
Voleur du bruit
Sans bruit qui court.

Parfum de mort
Fantôme de l'oubli
Sans cri
Sans vie.
# Posté le mardi 19 février 2008 15:53
Modifié le samedi 19 avril 2008 15:46